Le Tour de Madagascar, la grande île

La sélection cycliste de la fédération des clubs de la Défense a participé à la 15ème édition du Tour International de Madagascar qui s’est tenu du 8 au 15 décembre 2019. Retour sur une aventure tant humaine que sportive raconté par Maxime Nouveau.

 

 

 

 

 

 

 

 

Chargement des vélos à l’arrivée à l’aéroport d’Antananarivo.

 

C’est le 4 décembre 2019 au petit matin que les coureurs de la sélection sont arrivés sur le sol de la capitale malgache, Antananarivo. Les euros changés en ariary, la monnaie officielle de Madagascar, il était temps de prendre la route pour Mahajanga au nord-ouest du pays sous un soleil de plomb. La température a régulièrement frôlé les 40 degrés au cours de ces premiers jours.

Les transferts

Marquée par une circulation très dense, la sortie de la ville nous a rapidement permis de prendre de la hauteur et de contempler de magnifiques paysages hors du commun. Ce sont des collines escarpées à perte de vue qui se présentent à nous. Nous sommes impressionnés par l’immensité de l’île alors que nous n’allons en parcourir qu’une infime partie durant ce séjour! La route est sinueuse et empruntée par de nombreux camions, rendant difficile la progression, problème d’envergure à Madagascar.

 

 

 

 

 

 

 

 

Immenses plaines aux bords de la RN4.

 

Nous avons constaté au fur et à mesure de notre avancée, durant tous les transferts qui ont eu lieu pendant la compétition, le piteux état de certaines routes qui représente une des difficultés du pays. La vétusté, l’absence d’entretien, les conséquences des cyclones et inondations expliquent les délais de route parfois très importants. Ainsi, il nous aura fallu près de 12 heures pour atteindre notre destination 575 kilomètres plus loin sur la route nationale 4.

Mahajanga

C’est dans cette ville baignée par le canal du Mozambique qu’a lieu le grand départ de cette édition 2019 du Tour de Madagascar. Nous découvrons une citée animée, cosmopolite, où trône fièrement un immense baobab, emblème de la ville.

Barthélémy, notre « guide », est fidèle à la population rencontrée. L’accueil y est chaleureux, les habitants très abordables.

Le coût de la vie est relativement bas et nous le constatons rapidement : le transport en tuk-tuk coûte 1000 ariary soit environ 25 centimes d’euros, une cinquantaine de bananes achetées pour 1€50… Les repas à base de poissons, mangues, letchis reviennent à seulement 5€.

 

Après le calme, la tempête

La météo, très agréable les premiers jours, d’autant plus dans cette région de Madagascar, se dégrade très vite au moment du départ du Tour.

Malheureusement, le pays est régulièrement sujet aux cyclones et autres tempêtes tropicales. En provenance du large de Mayotte plus au nord de l’océan indien, le cyclone « Belna » a touché la côte ouest de Madagascar et a « rincé » le peloton du Tour! Celui-ci a provoqué de fortes précipitations durant les deux premiers jours de compétition, marqué les esprits mais n’a pas mis à mal le moral et le bon déroulement de la compétition.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pêcheur sur une plage de Mahajanga.

 

La vie sur et hors du Tour

De ce que nous avons pu observer au travers des routes parcourues, des villages traversés durant ce Tour, la consommation repose essentiellement sur l’agriculture. Le riz fait partie de l’alimentation de base, tous nos repas durant la compétition étaient en effet composés de cette céréale mais aussi principalement de poulet.

 

 

 

 

 

 

 

 

Vue sur l’étable des zébus au Patty Hôtel d’Ambondromamy.

 

Nous avons rencontré le célèbre zébu, animal faisant partie intégrante du paysage à Madagascar. Il sert également de moyen de transport original et écologique! Les fruits, légumes, épices et bien entendu la fameuse vanille composent les étals des marchés visités.

L’expérience vécue est d’autant plus enrichissante et intense quand le Tour fait étape dans des hôtels rudimentaires de villages malgaches comme à Ambondromamy, la douche s’effectuant au seau d’eau avec en prime la vue imprenable sur l’étable des zébus! L’entraide et la convivialité sont surtout de mises sur le Tour entre coureurs de chaque nation où règne une ambiance chaleureuse les soirs d’étape, entre lessive à la main, nettoyage et réparations des montures devant être opérationnelles pour l’étape suivante.

 

 

 

 

 

 

 

 

Grande chambre commune à Maevatanana.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nettoyage des vélos avec les moyens du bord.

 

Antananarivo, capitale malgache

Le retour à « Tana », surnom donné à Antananarivo, est frappant. La ville est ponctuée de collines où l’atmosphère est parfois oppressante mais présente un certain charme. Les embouteillages, la circulation des taxis rythment la vie du centre-ville, la pollution est omniprésente.

Nous prenons conscience que Madagascar est classé parmi les pays les plus pauvres du monde malgré les ressources naturelles dont dispose le pays. Les mendiants, souvent des femmes et enfants, errent dans les rues et dorment à même le sol, parfois au milieu des poubelles. Nombreux sont les marchands ambulants déterminés à vendre souvenirs, épices et autres textiles.

 

En parcourant les abords de la ville des anciens royaumes malgaches, la rencontre avec les casseurs de pierres est saisissante. Hommes, femmes, enfants, passent leur journée à taper, casser, pour transformer ces pierres provenant des carrières en graviers.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nettoyage des vélos avec les moyens du bord.

 

La course

Plus de cinquante coureurs composaient le peloton de ce 15ème Tour International de Madagascar. Plusieurs équipes malgaches étaient au départ accompagnées d’une équipe de Mayotte, de Djibouti. La Réunion, le Bénin, la Belgique et enfin la sélection cycliste de la fédération des clubs de la Défense étaient également présents.

 

Tous les profils étaient représentés sur les huit étapes au programme du Tour associés à toutes les conditions météorologiques possibles. Au total, environ 1800 kilomètres ont été parcourus sur les routes malgaches dont 800 de compétition.

 

 

 

 

 

 

Victoire sur la 8ème étape du Tour de Madagascar.

 

La sélection française a dignement porté les couleurs de la fédération des clubs de la Défense. Comme à son habitude, elle a fait preuve de combativité et d’une grande détermination pour remporter la huitième et dernière étape de ce Tour de Madagascar sur les bords du lac Anovy.

Régulière, elle a placé sur chaque étape un coureur dans le Top 10. Au classement général final par équipe, elle monte sur la 2ème marche du podium.

La sélection comptabilise donc une victoire d’étape, six podiums et des récompenses annexes au cours du Tour.

 

 

 

 

 

 

 

 

Un des nombreux podiums de la sélection, ici à Maevatanana.

 

Le Tour de Madagascar est une expérience unique, fortement enrichissante sur tous les points de vue. Aussi bien les expérimentés que les novices, tous les membres de la sélection ont vécu une aventure pleine, donnant chaque jour le meilleur d’eux- mêmes. La course et ses à-côtés nécessitent une capacité d’adaptation et une cohésion sans faille, qualités indispensables au sein de la fédération des clubs de la Défense.

 

 

 

 

 

 

La sélection cycliste de la fédération des clubs de la Défense au terme de ce 15ème Tour International de Madagascar.